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José Revueltas
Dormir à terre
Édition originale : Textes extraits de Dios en la tierra (Mexico,
1944), Dormir en tierra y otros relatos (Era, Mexico, 1960), Material de
los sueños (Era, Mexico, 1974)
Traduction de l'espagnol (Mexique) : Philippe Chéron
Collection : Calaveras
Format :20,5 x 13,5 cm
Pagination : 208 p.
Prix de vente : 19 euros TTC
ISBN: 978-2-916749-07-5
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L'AUTEUR :
Conteur, romancier, dramaturge, journaliste, scénariste de cinéma, essayiste, théoricien politique,
philosophe autodidacte, le mexicain José Revueltas (1914-1976) représente en
Amérique latine peut-être la meilleure preuve que les chemins de la politique et de la littérature
militante ne s’opposent pas nécessairement. Marxiste engagé et membre du parti communiste
dès les premières années de sa jeunesse, Revueltas est tout le contraire d’un écrivain
conformiste à qui il suffit de savoir que la littérature doit se subordonner aux tâches que lui
impose la politique. Il connut la prison de nombreuses fois pour son activisme politique ; il était
même encore mineur quand il fut envoyé pour la première fois à la prison de haute sécurité
de l’époque : le bagne des îles Marías. (Il en tirera la matière de son premier roman, Los
Muros de agua, 1941.) Le système carcéral lui fournira d’ailleurs souvent une toile de fond
que son style lyrique et poétique transcendera, s’inscrivant, à la fois, dans la lignée des
romanciers russes du XIXe et de l’humour noir de Kafka. L’œuvre de José Revueltas s’inscrit
également dans le mouvement de l’existentialisme dont il partagea l’engagement et la foi
dans l’humain. En 1968, il fut accusé d’être l’« auteur intellectuel » du mouvement des étudiants
du Mexique, dont le point culminant fut le massacre de Tlatelolco, ce pour quoi il fut
emprisonné puis envoyé à la prison de Lecumberri.
LE LIVRE :
Dormir à terre est une anthologie inédite en français des meilleures nouvelles de l’auteur. Elle
s’efforce d’offrir un éventail représentatif de l’art révueltien de la nouvelle, dont le petit chef d’œuvre
Dormir à terre (1959) donne une idée, tout en privilégiant un tant soit peu les textes
les plus récents, leur facture étant souvent originale et même parfois franchement audacieuse :
c’est le cas de Hegel et moi (1973), qui met en scène, en prison, un truand assimilé au
philosophe allemand par sa manière de discourir ; de Lit numéro onze (1965), qui associe
l’autobiographie à la fantasmagorie ; de Ezéchiel ou le massacre des innocents (1969), qui
transmet une impression obscure de découragement mais laisse entrouverte une porte étroite
à la lutte car il est bien précisé dans les dernières lignes que le personnage « franchit la confusion
des vitres pour entrer dans le bois du monde ». Superbe manière d’inscrire artistiquement,
dans un de ses derniers récits, l’enjeu qui a constitué la vérité première de sa biographie
(la vie et l’œuvre, inséparablement).
Le traducteur Philippe Chéron, auteur d’une thèse sur José Revueltas, a déjà traduit trois livres
de l’auteur : Le Deuil humain (Gallimard, 1987), Le Mitard (Complexe, 1990) et La Rue de
la solitude (Les Solitaires intempestifs, 1998).
Une place à part et unique dans la littérature mexicaine. (Octavio Paz)
Parution : mai 2008
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